La mutualité dans le Tarn



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La première société d’entraide du département fut créée sur l’initiative des tisserands d’Albi dès 1729, sous la dénomination de « Confrérie Saint Eutrope. » Ces sociétés, jugées susceptibles d’organiser le désordre après la Révolution, tomberont sous le coup de la loi Le Chapelier (1791) ; une seule fonctionne encore les mois suivant cette loi, la « Trinité Sainte » de Gaillac, fondée en 1781. Elle sera approuvée en 1899 et fusionnera bien plus tard, en 1957, avec l’Union mutualiste Gaillacoise.

« Saint Eutrope » réapparaîtra en 1809 et inclura dans ses statuts la phrase suivante : « en Assemblée Générale toute discussion politique ou religieuse est rigoureusement interdite. » C’est ainsi que, depuis 1805, réapparaissent de nombreuses confréries professionnelles, berceau des futures sociétés de secours mutuels. 51 sociétés sont recensées en 1845, elles seront 77 sociétés cinq ans plus tard, preuve d’une grande vitalité du mouvement. La deuxième République avait ouvert un espace de liberté d’associations, lesquelles se constituaient par simple déclaration à l’autorité municipale.


Le décret du 26 mars 1852 viendra à nouveau « empêcher le retour des désordres » en créant les sociétés « approuvées », encourageant les maires et les curés à en prendre l’initiative, eux-mêmes garants de l’ordre et de la stabilité. Ces sociétés de secours mutuels sont contrôlées et surveillées à tous les niveaux de la hiérarchie gouvernementale. Entre 1853 et 1860 seulement 7 nouvelles sociétés déposeront leurs statuts.

Puis un décret du 26 avril 1856 accordera aux sociétaires la possibilité de créer leur propre fonds de retraite garantie par l’Etat. Dans le Tarn, entre 1856 et 1900, 51 sociétés de secours mutuels, soit alors un tiers de l’existant, modifièrent leurs statuts et créèrent des fonds de retraite.

Enfin, en 1898, la Charte de la Mutualité instaure la mutualité comme seule institution nationale de solidarité et de prévoyance. L’organisation départementale constitue alors la Fédération départementale des sociétés de secours mutuels, ancêtre de l’UMT-Mutualité tarnaise. A la fin du XIXème siècle, on y recense 156 sociétés de secours mutuels : 96 sociétés approuvées et 60 sociétés libres dont 103 sont composées uniquement d’hommes, 34 sont constituées par des femmes, et 19 sont mixtes. Elles sont 330 en 1936, soit plus du double et parmi lesquelles 44 sociétés sont déclarées exclusivement féminines, biaisant ainsi l’accès difficile que leur réservent celles des hommes en leur attribuant des conditions d’admission bien particulières (droit d’entrée, cotisation de plus en plus élevée par tranche d’âge…)


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La première mutualité maternelle du Tarn apparaît en 1913 à Mazamet. Elle a été constituée en faveur des ouvrières et femmes d’ouvriers en couches et de leurs enfants en premier âge. Elle est présidée par un homme, Edouard Cormouls-Oulès. La mutualité scolaire connaîtra quant à elle ses premières ouvertures dès la promulgation de la loi 1898, se développera, pour se disperser ensuite avec les enfants sortis de la scolarité, délaissant leur livret de sociétaire au seuil de leur vie d’adulte. Seulement 12 sociétés scolaires subsistent encore dans le Tarn en 1932 sur les 26 créées dès 1899.


Après la deuxième guerre mondiale et l’instauration de la Sécurité Sociale, la mutualité tarnaise connaîtra son véritable essor, à l’image de tout le mouvement mutualiste. Les années cinquante seront celles du développement des premières réalisations sanitaires et sociales qui, depuis 2002, avec la mise en application du nouveau code de la mutualité, sont devenues les axes prioritaires de l’UMT-mutualité tarnaise qui propose aux adhérents les structures suivantes :

- 5 centres optique
- 2 centres d’audio-prothèse
- 23 fauteuils dentaires
- 1 laboratoire de prothèses dentaires
- 1 centre de rééducation fonctionnelle
- 1 centre de réadaptation pour personnes âgées
- 2 services de soins infirmiers à domicile
- 1 service de garde à domicile
- 2 sites d’hébergement pour personnes âgées


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exposition 2007

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