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Les sociabilités mutualistes
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Jusqu’en 1914, existent au sein des sociétés de secours mutuels des formes de sociabilité très anciennes, héritières pour certaines de celles que s’étaient données les organisations issues du monde du travail depuis le Moyen Age. |
La Mutualité impériale rend obligatoires certaines pratiques sociales qui consolident également la cohésion du groupe en le moralisant : messes, défilés sur la tombe des bienfaiteurs, assistance à l’assemblée générale en habit – l’organisation de ces réunions est strictement codifiée – défilés aux obsèques d’un sociétaire, bannière de la société en tête. Et bien entendu, visites aux malades, ce qui représente une forme de contrôle sur ces derniers mais aussi une pratique solidaire envers ceux qui sont fragilisés. |
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Avec la républicanisation de la Mutualité vers 1900 se multiplient sur tout le territoire les fêtes mutualistes, nationales et départementales. Tenues en présence des notables républicains, elles glorifient la mutualité, lui font prendre conscience de sa force et constituent pour elle une excellente propagande : le triomphe de la mutualité rejoint celui de la République et du progrès. Léopold Mabilleau excelle à organiser ce genre de manifestations qui, avec le soutien des plus hautes autorités de l’État et de la grande presse, rencontrent un succès considérable jusqu’en 1914. Des hymnes, tel que la Marseillaise des mutualistes, contribuent à créer une véritable mystique mutualiste. | |
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Dans la société meurtrie par la guerre, ces formes de sociabilité perdent une partie de leur éclat après 1918, sans pour autant disparaître : un certain nombre d’unions départementales renaissent à l’occasion d’une fête ou d’un banquet. Les sociabilités mutualistes qui reposent sur des sociabilités de proximité ont subsisté jusqu’à nos jours. Elles connaissent parfois même un certain renouveau dans la mesure où elles correspondent à un profond besoin dans des sociétés trop mécanisées et bureaucratisées. |
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