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Mutualité et professions de santé
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La relation entre la mutualité et les professions de santé est devenue un problème dès lors que les mutuelles se sont vues reconnaître, au milieu du XIXe siècle, une fonction dans le système de distribution des soins. Les rapports entre les deux principaux acteurs de la lutte contre la maladie se présentent donc, et cela dans la longue durée, sous la forme d’une convergence conflictuelle. Médecins et mutualistes sont condamnés à dépasser leurs oppositions. Mais la réalisation du compromis ne peut résulter, à l’instar de toute relation sociale, que de l’expression d’un rapport de force maîtrisé. |
L’équilibre parfait n’existant pas, chacune des parties s’assure la prééminence à tour de rôle. L’emprise des mutuelles jusqu’aux années 1880 ne fait guère de doute, en raison de l’avance prise par les mutualistes en matière d’organisation collective. La réduction sensible des honoraires médicaux obtenue par les sociétés au cours de cette période initiale contribue à forger une image négative de ce type de coopération, au regard des professions de santé. Le rapport de force tend à s’inverser à partir du vote de la loi, en 1884, autorisant les syndicats. |
Dès lors, un syndicalisme médical nourri du libéralisme le plus orthodoxe tend à exercer son ascendant dans le champ social. La mutualité est accusée, comme les Assurances sociales ultérieurement, de porter atteinte à l’indépendance et à l’intégrité de la médecine. |
L’emprise du pouvoir médical tend à limiter l’Assurance maladie et les mutuelles au rôle de payeurs aveugles. Si le niveau de compétence des professionnels de la santé n’est pas en cause dans notre pays,le caractère prédominant de leur statut libéral n’est pas étranger à l’inflation particulièrement aiguë des coûts du système et à la prolifération des gaspillages, sources de dommages pour la santé publique. |
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