1930-1944



 © Coll. CEDIAS-Musée social

Dès 1920, les mutualistes bataillent pour participer pleinement à la gestion des Assurances sociales. Leurs efforts sont couronnés de succès : à partir de 1930, ils ont une place importante dans la direction de tous les organismes nationaux, régionaux et départementaux mis en place par la loi. Président de la FNMF depuis 1931, Léon Heller siège au Conseil supérieur des Assurances sociales et préside le Comité général d’entente des Assurances sociales. On retrouve cette très forte présence dans la plupart des départements où les responsables mutualistes des Unions sont parmi les principaux gestionnaires des Assurances sociales.

Les mutualistes qui recrutent beaucoup à la fin des années 1920 (5 600 000 adhérents en 1926, 8 200 000 en 1930) deviennent le mouvement social le plus actif, dans le système. Leur prééminence est lisible par le nombre de leurs caisses d’affinité (176) qui totalisent 1 615 000 adhérents en 1931 puis grosso modo 20% de l’ensemble des personnes couvertes par les Assurances sociales.


En 1937, la FNMF, qui a regroupé caisses de capitalisation et de répartition au sein de deux unions nationales, gère 63 caisses de capitalisation, (risque vieillesse) et 6 190 000 assurés, soit les 2/3 du total. Par ailleurs, 528 caisses de répartition (risques maladie et maternité) couvrent 3 millions de membres, soit 1/3 de l’ensemble des assurés. Ni le patronat, ni les syndicats ouvriers (CGT confédérée et CFTC) ne peuvent avancer de tels résultats. Mais cet investissement dans les Assurances sociales se fait au prix d’un engagement à plein temps dans le système qui détourne les mutualistes de leurs terrains d’intervention spécifiques. Aussi sont-ils victimes d’une certaine institutionnalisation des pratiques solidaires, s’accompagnant souvent d’une bureaucratisation de ces dernières, au profit des gestionnaires les plus âgés. Il en découle un relatif vieillissement des cadres du mouvement qui est assez sensible à la Libération.




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