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En s’impliquant fortement dans la gestion des Assurances sociales de 1930 à la Libération, la mutualité s’est exposée à des phénomènes de bureaucratisation pouvant affecter son caractère militant. Mais la Sécurité sociale, qui lui a donné une liberté nouvelle, ainsi que son rapprochement avec le monde du travail à partir des années 1960, lui ont donné un nouveau dynamisme. C’est alors qu’apparaissent de nouvelles formes de rassemblements mutualistes qui viennent s’ajouter aux plus anciennes. Congrès mutualistes et assemblées générales, à tous les niveaux, sont un moment de rassemblement ; et ce, d’autant plus que depuis 1982, les congrès nationaux sont à nouveau honorés par la présence du Président de la République. Par ailleurs, on voit parfois les mutualistes manifester, toujours de façon pacifique, mais beaucoup plus revendicative que par le passé. Ainsi, le 2 avril 1976, la Mutualité française organise plusieurs milliers de manifestants : ils portent au ministère de la Santé 500 000 signatures, exigeant le respect des libertés mutualistes, menacées par le refus ministériel d’ouvrir des pharmacies mutualistes. En 1980, la FNMF rassemble sept millions de signatures contre le ticket modérateur d’ordre public, ce qui constitue un record dans l’histoire sociale du pays. Le 23 mai 1987, la Mutualité française réunit à Vincennes une manifestation exceptionnelle de 150 000 personnes, sur le thème “ La Sécu pas sans nous ”, pour protester contre les mesures gouvernementales, se traduisant par l’alourdissement des cotisations et le recul des prestations sociales.
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