Les premières sociétés de secours mutuels apparaissent au Portugal vers 1840 sous trois formes distinctes. Tout d'abord, au sein des Montepio, les héritiers directs des confréries du Moyen Age ; ensuite, à travers les mutuelles de métiers qui, elles, abandonnent toute référence religieuse. Viennent enfin les associations ouvertes ou pluri-professionnelles.
Au nombre de 13 en 1840, elles sont 280 avec 250 000 membres en 1891.
L'essor de la mutualité est particulièrement rapide à partir de 1895, grâce à l'essor économique que connaît alors le pays : 650 sociétés et 462 000 membres en 1914, 690 et 615 000 en 1921. Leur répartition géographique est très variable : certaine zones du pays sont de vrais déserts mutualistes alors qu'à Porto et à Lisbonne, la mutualisation est la plus forte du Portugal avec des taux qui varient entre 21 et 30 % de la population. Puis, ce chiffre stagne puisqu'en 1931, les sociétés ne seraient plus que 527 avec 589 000 membres ; au cours de cette décennie et pour la première fois de son histoire, le mutualisme portugais enregistre un recul. A cela plusieurs raisons : l'inflation galopante et la dépréciation de la monnaie touchent brutalement un certain nombre de secteurs industriels où la mutualité s'est construite. Par ailleurs il faut compter avec la montée du syndicalisme qui s'oppose à ce concurrent « réformiste », hostile à ce qui lui semble un concurrent redoutable au sein des classes populaires.
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