Mal connus, les liens entre mutualité et patronat débutent véritablement sous le Second Empire : avec la mutualité approuvée, un certain nombre de patrons deviennent membres bienfaiteurs des nouvelles mutuelles. Toutefois, cette rencontre a ses limites. Car, à partir de cette date, la Mutualité s’écarte sensiblement et pour longtemps du monde du travail. Le fait que la gestion des accidents du travail soit, en 1898, confiée aux compagnies d’assurances, au moment même où la maladie est confiée à la Mutualité, tend à institutionnaliser sinon cette séparation, du moins cette division du travail.
De son côté, le patronat, du moins celui des grandes entreprises, préfère mettre en place ses propres œuvres sociales, ce qu’il fait notamment dans les mines et la métallurgie, de la fin du XIXe siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale. Il y a tout intérêt, pour stabiliser la main d’œuvre, souvent encore très instable, ainsi que pour couper l’herbe sous le pied, d’abord aux syndicalistes mais aussi aux mutualistes. En effet, ce patronat ne voit pas ces derniers d’un très bon œil, dans la mesure où il ne les contrôle guère, ni eux ni leurs œuvres sociales. On trouve certains patrons parmi les dirigeants mutualistes mais, jusqu’en 1914, ils restent, semble-il, en assez petit nombre.
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