L'association internationale de la mutualité



 

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, sous l’influence britannique du Plan Beveridge et des suggestions de la Conférence de Philadelphie de l’Organisation internationale du travail (OIT), la notion de Sécurité sociale se substitue à celle des Assurances sociales. La protection sociale s’élargit et les gouvernements, les mouvements mutualistes et parfois même les organisations syndicales ouvrières prennent une part accrue à sa gestion.


Si cette évolution est générale, elle prend des formes très différentes selon les pays comme le montrent les cas de la Belgique, de la France, de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas, pour ne citer que ces quatre exemples. Une fois encore, à l’initiative du Belge Arthur Jauniaux ainsi que du président de la FNMF, Léon Heller, la CIMAS, après avoir cessé toute activité durant la Seconde Guerre mondiale, se reconstitue lors d’une VIIIe conférence tenue en 1947 à Genève. Désireuse d’intégrer dans son programme les changements en cours dans la protection sociale, la CIMAS modifie ses objectifs et son organisation : “ toutes les administrations, que ce soient des mutualistes, des institutions ou des gouvernements ” sont désormais admises en son sein. L’organisation prend alors le nom d’Association internationale de Sécurité sociale (AISS). Mais la disparition du terme de mutualité est jugé “ inacceptable ” pour Léon Heller. Dès lors, il réunit les mutualistes présents à Genève qui décident de créer un Centre international d’information de la mutualité qui se constituera en 1950 en Association internationale de la mutualité (AIM) : à ses débuts, l’AIM compte 11 groupes issus de 7 pays d’Europe occidentale.


De nos jours, l’AIM regroupe 44 organisations issues de 32 pays d’Europe de l’Ouest et de l’Est, d’Afrique, d’Amérique du Sud ainsi que du Proche-Orient. En septembre 2005, l’AIM revendique 155 millions de personnes protégées dont 78 millions de mutualistes pour la seule Europe des 15. Dans ses premières années, l’AIM a un rôle assez modeste ; assez rapidement elle noue des relations pacifiées avec l’AISS. Puis à partir de la fin de la décennie 1980, elle prend de plus en plus d’importance dans le contexte de la progression de la construction européenne. Comme cela a été le cas pour la FMI et la CIMAS, les mutualistes français ont joué un rôle très important au sein de l’AIM tout au long de son histoire : dernier signe, en septembre 2005, Maurice Duranton, président de la Mutualité fonction publique et vice-président de la FNMF a été élu à la présidence de l’AIM.



exposition 2006

clic pour imprimer