La fédération internationale de la mutualité



 

Les premières liaisons internationales des mouvements mutualistes remontent à la fin du XIX e siècle : elles sont favorisées par la tenue des Expositions universelles, dont certaines, fort importantes, se tiennent en France en 1856, 1867, 1878 et 1889. Lors de ces manifestations, ont lieu des rencontres informelles entre mutualistes de différents pays. L’Exposition universelle de 1900 permet l’organisation du premier congrès international de la Mutualité ; c’est bien une réunion internationale mais les participants sont dans leur grande majorité d’abord des Français.


Un débat essentiel se déroule alors entre les partisans d’un système de protection sociale reposant sur la liberté mutualiste — principe défendu par les Français — et ceux qui, sur la base de l’expérience des Assurances sociales allemandes, prônent un système obligatoire. La discussion se poursuivra jusqu’à la Grande guerre tout en perdant un peu de sa vivacité, lors de trois autres congrès mutualistes internationaux qui se tiendront à Liège (1905), Milan, (1906) et Roubaix (1911). A Liège, il est décidé de constituer une organisation, la Fédération internationale de la mutualité (FIM) à partir de mouvements existant en Argentine, Autriche, Belgique, Bolivie, France, Italie, Luxembourg et Suisse.


Le président de la FIM n’est autre que Léopold Mabilleau, le premier président de la FNMF. La FIM a des objectifs ambitieux : penser la protection sociale à l’échelle internationale et, afin d’avancer dans cette voie, réunir la plus large information possible. Ces objectifs ne seront pas atteints ; ils ne le sont d’ailleurs toujours pas aujourd’hui. La FIM sera cassée net par la Grande Guerre et n’aura désormais plus aucune activité à partir de 1914. Son échec s’explique par la brièveté de son existence et la complexité des problèmes qu’elle a voulu résoudre : il était alors impossible de concilier les situations si différentes de ses composantes. Toutefois, la FIM a permis d’atténuer la tension doctrinale qui existait alors entre Allemands et Français. Elle a également eu le mérite de poser, pour la première fois, la nécessité d’une approche internationale des problèmes de protection sociale. Léon Bourgeois, qui a participé à la plupart des travaux de la FIM, posait en 1913 une question qui reste pleinement d’actualité près d’un siècle plus tard : “ L’organisation de la protection sociale peut-elle être efficace si chaque nation prétend l’établir chez elle et pour elle ” seulement ?



exposition 2006

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