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Le contexte de l'été 44
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![]() 14 juin 1944 De Gaulle et Pierre Laroque sur la plage de Courseulles |
Les dommages résultant du conflit sont tels pour le pays que le coût du retour à la situation normale est estimé à deux ou trois années du revenu national de l’avant-guerre. Pour le général De Gaulle, dans ces conditions, « l’effort requis par la reconstruction place la question sociale au premier rang de toutes celles qu’ont à résoudre les pouvoirs publics ». Les réformes en profondeur s’imposent d’autant plus qu’elles bénéficient du puissant mouvement universel, à l’œuvre depuis une décennie, en faveur de la généralisation du droit à la sécurité sociale. Si, en 1932, le New deal de Roosevelt consacre davantage le mot que la chose, c’est en Grande-Bretagne que le pas décisif s’accomplit dix ans plus tard. |
Sous la direction de l’économiste William Beveridge, disciple de Keynes, un plan exceptionnellement ambitieux est adopté, en 1942, visant à sécuriser socialement l’ensemble des citoyens. Pierre Laroque, membre du cabinet du général De Gaulle à Londres et futur architecte du système français, tire de cette expérience la volonté d’adapter les principes beveridgiens aux conditions hexagonales. Le Conseil national de la résistance (CNR) consacre cette démarche, en préconisant un plan complet de la Sécurité sociale. Fait sans précédent, la réforme est bouclée en moins d’une année, au printemps 1945. |
![]() William Beveridge |
La Mutualité française, consultée à toutes les étapes de l’élaboration, marque une désapprobation officielle, lors de sa première assemblée générale de l’après-guerre, le 5 mai 1945. Elle rejette un projet, dont le caractère « purement étatique » tend à exclure le « concours des institutions privées à la prévoyance sociale ». Une majorité de délégués, alors convaincue que l’épargne obligatoire ne peut être qu’antinomique de l’épargne volontaire, estime que la Sécurité sociale « ne saurait assujettir obligatoirement que ceux qu’on a appelés les « économiquement faibles ». Des voix s’affirment, cependant, en faveur d’une attitude positive ; les objections mutualistes risquant d’être interprétées comme « l’expression de la défense d’intérêts particuliers », selon le directeur général, Marc Degas |
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expo 2007
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