|
Confréries compagnonnage franc-maçonnerie... et mutualité
|
Le compagnonnage, la franc-maçonnerie et la mutualité possèdent de solides liens de proximité tissés par l’histoire. La place et le rôle des métiers, notamment ceux du bâtiment, en constituent le fil conducteur. Il ne s’agit pas d’une relation organique entre des institutions à vocation différente, mais d’une filiation culturelle et sociale qui demeure, il est vrai, sur bien des points encore mal connus. Pour ce que l’on en sait, les maçons affranchis des taxes seigneuriales, au Moyen Age, se regroupent au sein d’une maçonnerie dite « opérative ». Au terme d’une longue phase de transition, la « maçonnerie opérative » se transforme en « maçonnerie spéculative », en raison de l’arrivée massive dans ses rangs de catégories appartenant aux sphères dominantes. |
A la faveur de la Révolution française, un double mouvement est observé : la maçonnerie s’affirme comme une forme de sociabilité des classes supérieures, alors que la mutualité naissante conserve les attaches populaires des anciennes confréries et du compagnonnage. Des affinités subsistent, néanmoins, entre les deux groupements, débouchant parfois sur des implications concrètes. Ainsi, le rôle joué par la Société philanthropique de Paris, dirigée par des aristocrates appartenant à la franc-maçonnerie, dans le premier tiers du 19e siècle, en faveur de l’essor des SSM. Non seulement, l’ascendant maçonnique se traduit directement par une croissance des sociétés, mais il marque de son empreinte les représentations emblématiques du mutualisme naissant. Le thème maçonnique de la fraternité universelle inspire nombre de sociétés dans le choix de leur dénomination, telles : les amis de l’humanité ou la parfaite union . |
![]() |
L’empreinte maçonnique sur le plan iconographique est encore plus manifeste. La ruche, symbole du travail et la poignée de main, emblème d’une solidarité de type chevaleresque, doivent beaucoup à cette source d’inspiration. Avec la IIIe République, enfin, la convergence se renforce à la faveur des grandes réformes sociales républicaines, dont la plupart sont conduites par des hommes d’Etat, initiés dans les loges. C’est l’un deux, le plus charismatique, Léon Bourgeois, fondateur de la doctrine du solidarisme qui tient le rôle déterminant dans la naissance de la Fédération nationale de la Mutualité française, pour faire dit-il « que les mutualités se mutualisent ». |
|
Les fêtes mutualistes
|
|
|