En France d'outre-mer


Vers la Mutualité de la France d'outre-mer

Le quatrième congrès de la mutualité coloniale tenu à Tunis, en 1923, marque la reprise officielle de l'action mutualiste dans les colonies au lendemain de la première guerre mondiale. Parmi les obstacles contrariant son développement, une question cruciale est soulevée par les travaux préparatoires : "comment remédier à la non application de la loi du 1er avril 1898*?". Des problèmes majeurs demeurent en suspens, tels : -l'allocation de subvention aux SSM prévue par la loi, dont le ministère des Finances et celui des Colonies se renvoient la balle – l'impossibilité d'une gestion démocratique, réservée aux seuls citoyens français par l'article 3, les mesures dérogatoires se faisant toujours attendre.


Dans ce contexte, les envolées du discours emblématique tendent à masquer les difficultés de la greffe mutualiste. On parle plus volontiers des progrès de l'éducation mutualiste coloniale que de son essor structurel. De même, la convocation du IVe congrès à Tunis, puis du Ve à Rabat en 1927, vise à démontrer que la capacité d'organisation ne s'exerce pas seulement dans le fief algérien, mais dans l'ensemble des possessions.


A la faveur de la "merveilleuse exposition coloniale **" organisée à Paris en 1931, le VIe congrès franchit un nouveau degré dans l'exaltation symbolique. La République, il est vrai , n'a pas lésiné pour rassembler les Français autour d'un Empire présent sur les cinq continents, vingt deux fois plus grand que la France. Le ministre des Colonies, Paul Reynaud, n'affirme-t-il pas dans son discours inaugural : "la colonisation est le plus grand fait de l'Histoire". Le succès considérable de l'exposition, l'une des plus grandes manifestations du XXe siècle avec ses huit millions de visiteurs, témoigne d'une adhésion populaire quasi unanime.


 source : wikipédia



Les travaux du VIe congrès de la Mutualité coloniale s'efforcent, cependant, de ne pas perdre de vue la réalité, en considérant que l'action entreprise jusqu'alors se limite à de "simples améliorations de détail*** ibidem". Le VIIe congrès, convoqué de nouveau à Paris en 1938, confirme que le but premier de la colonisation s'identifie avec le mutualisme puisqu'il est "de défendre les indigènes de tous âges contre les conséquences de l'imprévoyance**** ". Hormis les fondations doctrinales, l'édifice demeure pourtant à construire. La mutation la plus substantielle à l'occasion de la dernière session des congrès coloniaux, annonciatrice des lendemains de la Seconde guerre mondiale, se résume à un changement d'appellation substituant la "France d'outre-mer" au terme "colonial".



* Revue de la prévoyance et de la mutualité, novembre-décembre 1922, p.343

** Sixième congrès de la Mutualité coloniale et des pays de protectorat, 1931, p.175

*** ibidem

**** Septième congrès de la Fédération de la mutualité de la France d'Outre-mer et des pays de protectorat, 1938, p.10



exposition 2006

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