La mutualité dans les colonies


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La Mutualité coloniale à la veille de 1914

La décision d’organiser l’essor des mutuelles dans les colonies est prise à l’occasion du 8e congrès national des SSM, le premier de la FNMF, réuni à Nantes, en 1904. Un congrès mutualiste est convoqué en Algérie, pour que "les indigènes y soient représentés aux fins d'études des moyens propres à favoriser, dans un double intérêt politique et de conquête morale, l'organisation ou la transformation des organismes d'assistance et de prévoyance destinées à améliorer les conditions matérielles de nos sujets". Ces institutions ne doivent aucunement s'opposer, "bien entendu à la suprématie nécessaire de la métropole* ". Le comité central, rapidement constitué à Paris sous le parrainage des principales personnalités mutualistes, souhaite susciter "a création d'organismes de la mutualité adéquats aux milieux français, européens et indigènes dans les possessions d'outre-mer", précise Léopold Mabilleau, vice-président du comité.


Dans un premier temps le recours à la formule mutualiste, incluant alors la coopération et le crédit, semble principalement destinée à lever les réticences des Français à s'expatrier, en favorisant "l'émigration de nos compatriotes sans fortunes vers les possessions françaises** ". Quatre priorités sont définies par le secrétaire général du comité central, Octave Depont : développer les sociétés existantes, accroître les moyens de la colonisation par le crédit mutuel, améliorer les conditions morales et matérielles des populations indigènes et organiser la mutualité militaire coloniale. Trois congrès se tiendront avant la Grande Guerre : le premier à Alger et Tunis en 1905, le deuxième à Oran en 1909 et le troisième à Constantine en 1911.


Au terme de cette première étape, les progrès de la mutualité coloniale, pour effectifs qu'ils soient, concernent essentiellement les populations d'origine française et européenne. En Algérie, l'augmentation du nombre de sociétés de 66 à 102 et des membres participants de 7300 à 25400, est directement liée à l'accroissement des effectifs issus de l'administration française, notamment des PTT et de l'enseignement ***. La société islamique constantinoise destinée à encourager les jeunes élèves musulmans nécessiteux, célébrée dans les revues mutualistes, n'a guère encore fait d'émules. Indication significative : la liste du bureau du 3e congrès de Constantine, regroupant 200 délégués, ne mentionne aucun nom d'origine arabo-musulmane. La mutualité coloniale demeure encore une exclusivité "métropolitaine".






* Compte rendu du VIIIe congrès national des sociétés de secours mutuels (Nantes, 16-21 mai 1904), p.519


** Octave Depont, Mutualité coloniale :mutualité musulmane, le congrès d'Ager-Tunis, 1905, p.62


*** Cf . Michel Dreyfus, L'histoire de la MGEN ,Editions Jacob-Duvernet, 2006, pp. 52-54



exposition 2006

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