1968-2002



 

En retrouvant pleinement sa dimension de mouvement social à la fin des années 1960, la Mutualité française invite, plus que jamais, ses sociétés à rompre avec le confort dangereux de la routine et de l’autarcie. La tendance au désengagement du régime légal encouragé par les pouvoirs publics et l’empressement intéressé des compagnies d’assurance à prendre les découverts en charge, confortent le choix de la voie professionnelle pour les mutualistes. A la faveur de cette évolution, la mutualité insérée dans le monde du travail gagne du terrain par rapport à celle implantée dans un territoire.

En 1973, le congrès de Vittel constate que la sortie de l’isolement est un impératif de survie et qu’il convient de construire des unités beaucoup plus larges, combinant liens de proximité et concentration des moyens techniques. Nul doute, “ la Mutualité de développement tranquille a vécu ”. Mais, l’effectif important des grandes sociétés, s’il est gage d’efficacité économique, peut se révéler source de dysfonctionnements internes.


La mise en place de diverses modalités démocratiques s’avère désormais une condtion vitale pour que la société de base puisse continuer à se différencier du secteur du profit.

En 1985, la réforme du Code procède simultanément à l’extension du champ et des moyens d’action de la Mutualité et à la clarification de ses relations juridiques avec le secteur marchand en lui réservant la dénomination de mutuelle. L’attribution de l’exclusivité du “ label ” mutualiste, consacre ainsi la reconnaissance de la fonction de régulation sociale assumée par ses groupements de base. Leur concentration ne cesse de s’affirmer : 811 mutuelles, soit 14% des 5700 existantes, assurent les trois-quart des prestations. A l’aube du XXIe siècle, les efforts considérables de transformation consentis par les mutuelles pour s’adapter aux contraintes de l’environnement, sans rien renier de leurs valeurs constitutives, demeurent l'axe majeur de leur développement.




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