1930-1944



 

Les blessures de la guerre, la poursuite de la salarisation de la société française et la nécessité de s’adapter aux prochaines Assurances sociales amènent d’importants changements dans le fonctionnement des sociétés de secours mutuels de base.

Dans la perspective proche des Assurances sociales, les mutualistes recrutent très largement. En 1930, ils sont 8 220 000, dont 300 000 administrateurs ; ce chiffre varie peu jusqu’en 1939, date à laquelle il existe 25 000 sociétés de base. Durant la guerre, la progression des mutualistes se poursuit : ils sont 11 millions en 1945.

Les pratiques des mutuelles de base évoluent en raison de l’investissement d’un grand nombre d’entre elles dans les Assurances sociales. Les mutualistes prennent en charge un tiers des bénéficiaires des Assurances sociales pour la maladie — plus de 3 millions de personnes — et deux tiers pour la vieillesse, soit 6 millions.


L’apprentissage de cette forme nouvelle de solidarité institutionnalisée renforce les moyens de la mutualité ; elle contribue aussi à sa bureaucratisation en la faisant apparaître parfois presque comme un rouage de l’Etat. Beaucoup de sociétés perdent de l’allant et du dynamisme, parfois un peu optimiste, qu’elles avaient exprimé jusqu’en 1914.

On assiste aussi au retour de la mutualité vers l’entreprise, avec la création, en 1929, de l’Union nationale des mutuelles professionnelles et interprofessionnelles ; cette Union regroupe 20 fédérations et 700 000 sociétaires en 1937. Durant la guerre, la progression de la mutualité d’entreprise se poursuit dans les secteurs économiques à la pointe du progrès technologique : automobile, électricité, métallurgie. Ces sociétés constituent un instrument moderne de régulation sociale. Enfin, de nombreuses sociétés se développent notamment chez les enseignants et les fonctionnaires qui, ne disposant pas des Assurances sociales, doivent prendre en charge leur protection contre la maladie.


 



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