1902-1929



 

Jusqu’en 1914 la mutualité repose principalement sur les sociétés de secours mutuels territoriales. Issues de la “ Mutualité impériale ” mise en place sous le Second Empire, ces sociétés sont aussi nombreuses que dispersées. En 1913, 22 000 sociétés, dont 17 5000 sociétés approuvées, rassembleraient officiellement 4 760 000 membres, soit une moyenne de 250 sociétaires par groupement. Toutefois ce total est surévalué : il faut retrancher les adhésions multiples et l’effectif de la mutualité scolaire, forte alors de plus de 1 million d’adhérents. Des sociétés de secours mutuels existent alors dans toute la France, sauf quelques départements dans le Massif central (Cantal, Lozère) et en Bretagne. Peu implantée dans le monde rural, la mutualité recrute essentiellement dans l’ensemble des couches de la société urbaine : classes moyennes, fonctionnaires et employés communaux, professions libérales et intellectuelles, artisans et enfin ouvriers, surtout les ouvriers qualifiés capables de prendre en charge “ leur ” protection sociale.


Ces sociétés de base sont dirigées par des membres honoraires. Au nombre de 574 000 en 1914, ce sont le plus souvent des notables républicains : les maires des villes et des communes y jouent un rôle important.

Au sortir de la guerre les pertes mutualistes s’élèvent à 500 000 à 800 000 adhérents. Avec 27 % de disparus, les membres honoraires ont été particulièrement touchés. Il faut attendre 1926 pour que la mutualité retrouve ses effectifs de 1914. Toutefois, et de façon paradoxale, la plupart des sociétés se portent bien sur le plan financier puisqu’entre 1913 et 1920, elles connaissent une augmentation moyenne de 20 % de leurs capitaux. Durant cette décennie, la mutualité se développe fortement chez les Anciens combattants, grâce à la loi de 1923 qui organise leur retraite dans un cadre mutualiste. Les effectifs d’ensemble du mouvement augmentent de 10 % avec l’adhésion de ces 400 000 Anciens combattants mutualistes.


 




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