La mutualité dans la Loire



 

En 1852, au moment où commence l’enregistrement des mutuelles, une dizaine de sociétés de secours mutuels seulement existe dans la Loire dont la plus ancienne fut fondée en 1819, la Société des Tisseurs et Veloutiers de Saint-Etienne, qui s’est maintenue jusqu’en 1981.

96 sociétés constitueront l’Union départementale en 1886 dont près d’un tiers d’entre elles se situait à Saint-Etienne (29) Elle est l’une des premières Unions de France, précédant ainsi largement la charte de la Mutualité autorisant les SSM à se constituer en unions (1898)


De 1886 à 1914, deux fortes personnalités marquent la vie de l’Union et la font reconnaître au plus haut niveau : Eugène Joly et Joannès Peillon ; le premier, homme d’influence, le second, homme de pouvoir. Ils dirigèrent successivement l’Union qui, à la veille de la première guerre mondiale, est pourvue d’un grand nombre de services dits « supérieurs » : union pharmaceutique (1903), union médicale (1905), caisse de réassurance destinée à la couverture de la longue maladie (1905), puis deux autres SSM, l’une pour le versement des pensions de retraite, l’autre pour la couverture du risque décès.

Lorsque le premier conflit mondial éclate, l’Union rassemble 91 % des effectifs mutualistes du département et occupe une place essentielle et novatrice dans la mutualité nationale. Elle se développait auprès de toutes les populations : cols blancs (instituteurs, notaires…), ouvriers agricoles, migrants, sportifs (mutualité cycliste, 1909), et, enfin, la protection des femmes et des enfants, largement défendue par Eugène Joly. Dans le même temps, les SSM abandonnaient les références religieuses et corporatistes au profit d’une culture de la sociabilité, réunissant le plus grand nombre autour de rites et symboles, largement exposés lors des fêtes et congrès locaux et nationaux.

Pendant tout le conflit de la Grande Guerre, l’Union de la Loire se met en sommeil. Payant un lourd tribut à la guerre, elle ne retrouvera ses effectifs de 1914 qu’en 1927.


 

En 1930, la mise en place des assurances sociales l’oblige à une dynamique nouvelle. L’Union fera aboutir en 1933 un projet ambitieux, la Clinique Mutualiste de Saint-Etienne, rue Gabriel Péri, qui symbolisait la puissance et la modernité de la Mutualité. La mutualité de la Loire s’est adaptée avec succès à un système gestionnaire moderne et obligatoire de protection sociale, délaissant toutefois les organisations festives et s’éloignant ainsi des dirigeants locaux restés fidèles aux missions de sociabilité et de solidarité.

Après la seconde guerre mondiale, l’instauration de la Sécurité Sociale provoque, comme dans tout le mouvement mutualiste, les protestations de la mutualité de la Loire, contre la disparition de ses caisses dites « d’affinité » qui assuraient la gestion des assurances sociales.
Cependant, elle tirera vite parti de l’ordonnance portant réforme du code de la mutualité (19 octobre 1945) et adoptera un programme de réalisation d’établissements nouveaux dans le domaine sanitaire dès son assemblée générale de juillet 1946. Ce programme prévoyait, entre autres, l’ouverture d’une clinique chirurgicale à Roanne et la création d’un centre anticancéreux.

Depuis le début du XXème siècle, la mutualité de la Loire s’est conformée aux changements de la société, relevant les défis du monde extérieur. Aujourd’hui, elle offre l’accès à de nombreux établissements de soins et de services, intégrant les dernières technologies. Elle est l'un des départements les plus mutualisés de France.


Pour en savoir plus : www.mutualite-loire.com

Lire : « La Mutualité de la Loire face aux défis : enracinement local et enjeux nationaux (1850-1980) », Dominique Dessertine, Olivier Faure, Didier Nourrisson, Publications de l’Université de Saint-Etienne, 2005



clic pour imprimer