De 1886 à 1914, deux fortes personnalités marquent la vie de l’Union et la font reconnaître au plus haut niveau : Eugène Joly et Joannès Peillon ; le premier, homme d’influence, le second, homme de pouvoir. Ils dirigèrent successivement l’Union qui, à la veille de la première guerre mondiale, est pourvue d’un grand nombre de services dits « supérieurs » : union pharmaceutique (1903), union médicale (1905), caisse de réassurance destinée à la couverture de la longue maladie (1905), puis deux autres SSM, l’une pour le versement des pensions de retraite, l’autre pour la couverture du risque décès.
Lorsque le premier conflit mondial éclate, l’Union rassemble 91 % des effectifs mutualistes du département et occupe une place essentielle et novatrice dans la mutualité nationale. Elle se développait auprès de toutes les populations : cols blancs (instituteurs, notaires…), ouvriers agricoles, migrants, sportifs (mutualité cycliste, 1909), et, enfin, la protection des femmes et des enfants, largement défendue par Eugène Joly. Dans le même temps, les SSM abandonnaient les références religieuses et corporatistes au profit d’une culture de la sociabilité, réunissant le plus grand nombre autour de rites et symboles, largement exposés lors des fêtes et congrès locaux et nationaux.
Pendant tout le conflit de la Grande Guerre, l’Union de la Loire se met en sommeil. Payant un lourd tribut à la guerre, elle ne retrouvera ses effectifs de 1914 qu’en 1927.
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