La mutualité en Italie


En Italie, le nombre de sociétés de secours mutuels reste très limité jusqu’à la vague révolutionnaire de 1848 : durant la première partie du siècle, il n’y en pas eu plus de 50 dans toute la Péninsule. L’Unité italienne est achevée en 1861. Elle a aussi des conséquences importantes pour les questions sociales en Italie et donc pour la mutualité : comme l’Etat se refuse alors à intervenir de façon directe dans la question sociale, les classes dirigeantes estiment que la mutualité constitue un excellent instrument pour le faire et elles encouragent les sociétés à se développer. Non sans succès puisqu’en 1862, on compte 443 sociétés qui totalisent 120 000 membres ; elles sont au nombre de 6347 en 1904 ; à cette date l’Italie compte environ un million de mutualistes sur une population totale de 20 millions de personnes.


Ces sociétés ont une base diversifiée et ne recrutent pas seulement au sein de la classe ouvrière. Dans leur majorité, les sociétés se méfient du gouvernement et l’idée de réglementer le secours mutuel est peu appréciée dans les deux décennies 1860 et 1870 ; les sociétés craignent d’être “ instrumentalisées ” comme l’est la mutualité de Napoléon III en France. Enfin, dans ce pays si catholique, la mutualité catholique a du mal à prendre son envol et il faut attendre les années 1870 pour qu’elle connaisse ses premiers succès.


Avec l’arrivée de la gauche libérale au pouvoir à partir de 1876, un tournant s’opère et de premières initiatives sont prises : législation sur les grèves, création de caisses d’assurance pour les accidents du travail, la retraite, etc. Dans ce contexte, est votée en 1886 une loi sur les sociétés mutualistes qui leur donne une plus grande liberté. Le mutualisme progresse alors, surtout à partir des années 1900, un peu comme dans la plupart des autres pays d’Europe. C’est d’ailleurs en 1900 qu’est constituée une Fédération nationale mutualiste qui se fixe pour tâche le développement d’un système de retraites. L’intervention de l’Etat progresse encore avec une loi votée en 1912 qui vise à l’établissement d’un système de sécurité sociale d’Etat dans lequel la mutualité serait largement associée. Cette loi prépare celle de 1919 instituant un système d’assurance obligatoire avec des contributions égales supportées par les entrepreneurs et les salariés. Mais l’avènement de Mussolini trois ans plus tard met fin à cette première phase de l’histoire du mutualisme italien qui voit dès lors son influence se réduire au profit de l’Etat italien à travers plusieurs lois (1925, 1929 et 1943). A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, on ne compte plus que 1200 sociétés en Italie : elles regroupent tout au plus 200 000 membres.


 Affiche italienne de Testi, 1933


expo 2007

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