Sa formation mathématique l’amène à participer en 1890 à la création de l’Institut des actuaires français qu’il préside jusqu’en 1914. Avec d’autres actuaires, il travaille à une refonte des tables de mortalité (table Deparcieux pour l’assurance en cas de vie et table Duvillard pour l’assurance en cas de décès), établies au début du XIXe siècle sur des bases contestables. Cette expérience le conduit à se rapprocher de la Mutualité et à prendre ses distances à l’égard des compagnies d’assurance privées tant il lui semble que leurs modes de calcul visent seulement à garantir des “ bénéfices convenables ”, selon l’expression du directeur d’une de ces compagnies.
Un des dirigeants de la Ligue nationale de la prévoyance et de la mutualité fondée par
Hippolyte Maze en 1889, Paul Guieysse devient un des experts les plus sollicités par les mutualistes. Il ne cesse de les inviter, notamment dans ses interventions au Parlement, à plus de rigueur dans la gestion de leurs opérations à long terme.
Président de la Commission d’assurance et de prévoyance de la Chambre des députés, il est en 1910 rapporteur de la loi sur les Retraites ouvrières et paysannes (ROP). En soulignant que l’obligation est “ absolument nécessaire ”, il exprime sa conversion sur ce sujet.
Paul Guieysse meurt en mai 1914. Son évolution personnelle symbolise le mouvement lent mais irréversible de l’assurance privée vers l’Assurance sociale.
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