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Premier consensus international
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L'Exposition universelle de 1889, dominée par le spectacle de la Tour Eiffel, a été le cadre d'un certain nombre de manifestations satellites moins médiatiques, parmi lesquelles le premier congrès international sur les accidents du travail. Plus européenne que véritablement internationale, cette rencontre est une initiative d'une partie du patronat français, qui souhaite influer sur la législation en gestation, afin d'éviter l'adoption d'assurances sociales obligatoires "à l'allemande". Toutefois, au-delà de cette motivation proprement française, il se dégage des débats un consensus sur la nécessité d'harmoniser les politiques sociales en cours et à venir, afin de ne pas créer une situation de concurrence déloyale et immorale en faveur des pays sans protection sociale. |
Par la suite, est constitué un comité international permanent, avec la participation de juristes, médecins, économistes ou sociologues, auxquels viennent se joindre des représentants des administrations publiques ou des élus intéressés par les questions de protection sociale. Le comité met à disposition de ces experts une documentation importante et leur permet de confronter leurs expériences nationales à l'occasion des congrès organisés dans diverses villes européennes. Portée par une élite réformatrice, le mouvement en faveur de l'universalisation de la protection sociale se concrétise par la création de l'Association internationale pour la protection légale des travailleurs (AIPLT) à Bâle en 1901, et celle de la Fédération internationale de la Mutualité (FIM) en 1905. Le comité adopte en 1908 la dénomination de Comité permanent international des assurances sociales (CPIAS), consacrant ainsi son ouverture à tous les aspects de la protection sociale, au-delà des risques liés au travail. |
En 1913, Léon Bourgeois, alors président du CPIAS, use de la rhétorique solidariste pour justifier cet élan universel : "L'interdépendance des divers risques sociaux est si absolue que la prévoyance sociale doit s'organiser à la fois contre l'ensemble de ces maux sociaux; et cette interdépendance étant universelle, l'organisation de la prévoyance sociale n'atteint son but et son terme que si elle devient elle-même internationale, universelle" | |
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L'ampleur dramatique de la première Guerre mondiale suscite une aspiration profonde à l'établissement de bases solides pour une paix durable. Dans le sillage de la Société des Nations, est fondée en 1919 l'Organisation internationale du travail (OIT) qui se donne pour mission "l'amélioration des conditions de travail qui impliquent pour un grand nombre de personnes l'injustice, la misère et les privations". Au sein de l'OIT, le Bureau international du travail présidé par le socialiste français Albert Thomas, présente la généralisation des assurances sociales comme un élément pacificateur essentiel, car "La non adoption par une nation quelconque d'un régime... réellement humain fait obstacle aux efforts des autres nations désireuses d'améliorer le sort des travailleurs dans les autres pays. De là, sur le champ de la concurrence mondiale, une inégalité que l'on pourrait qualifier d'immorale entre les Etats qui ont voulu donner à leurs travailleurs la sécurité de l'assurance, et ceux qui, par parcimonie ou simplement par inertie, ne l'ont point fait. Et l'attitude de ces derniers risque finalement d'arrêter dans la voie du progrès ceux qui sont plus avancés dans l'ordre de la législation sociale." |
En 1920, Albert Thomas organise au sein du BIT une section des assurances sociales, dont la mission essentielle est de collecter la documentation utile à la préparation de la Conférence internationale du travail. Sur cette base, la Conférence propose aux gouvernements une règlementation en matière de protection sociale qu'elle conçoit comme "Le standard minimum qu'exige la civilisation industrielle moderne." |
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Nouvelle expo 2008
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