L'impact des crises


L'IMPACT DES CRISES SUR LES ASSURANCES SOCIALES (années 1930)

La crise économique des années 1930 menace l'extension de la protection sociale qui semblait bien engagée dans les pays occidentaux. Alors que la dégradation de la situation sociale rend les populations plus vulnérables, les institutions d'assurances sociales doivent faire face à la baisse des recettes, due au chômage, à l'allégement des charges sociales des employeurs, et à la diminution ou la suppression des aides publiques. Ce scénario est à l'oeuvre dans tous les pays touchés par la récession. Dans ce contexte, les organismes internationaux mettent en garde les gouvernements contre une conception minimaliste de la protection sociale qui aurait pour conséquence d'aggraver la situation sanitaire. Critiquant le rationnement des prestations aux assurés, le Bureau international du travail (BIT) préconise au contraire une consolidation des dispositifs d'assurances sociales, arguant du fait que " Les assurances sociales ne créent pas de charges nouvelles pour l'économie; elles sont au contraire, éminemment productives en couvrant et en prévenant, dans toute la mesure du possible, des risques générateurs de lourdes charges pour la collectivité."( L'Année sociale, 1934.)


Contrairement à la crise économique, la montée des totalitarismes ne se traduit pas par une remise en question des politiques sociales dans les pays concernés, dans la mesure où elles constituent un enjeu essentiel de pérennisation du pouvoir, quel que soit sa nature. En revanche, l'installation du régime nazi en Allemagne déstabilise les rencontres internationales consacrées à la protection sociale. En mars 1933, le Hauptverband, l'union des caisses d'assurance-maladie allemandes, est dissous et remplacé par une nouvelle union sous le contrôle des nazis, qui se retire de la Conférence sur l'assurance-maladie (CIMAS). La suppression de l'importante délégation allemande affecte la dynamique de la CIMAS, qui réaffirme son attachement au principe de l'autonomie de gestion des institutions d'assurance. En 1935, l'Allemagne et l'Italie fasciste tentent en vain d'établir une organisation concurrente à la CIMAS.
Tandis que les tensions internationales s'exacerbent, le BIT s'attache à montrer que le développement des assurances sociales obligatoires est une préoccupation partagée par tous les régimes politiques, qu'ils soient démocratiques ou totalitaires, et tous les régimes économiques, qu'ils soient libéraux ou collectivistes comme en URSS : "Par un contraste saisissant, l'époque actuelle, remplie d'insécurité politique, est assoiffée de sécurité sociale. "



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