Contrairement à la crise économique, la montée des totalitarismes ne se traduit pas par une remise en question des politiques sociales dans les pays concernés, dans la mesure où elles constituent un enjeu essentiel de pérennisation du pouvoir, quel que soit sa nature. En revanche, l'installation du régime nazi en Allemagne déstabilise les rencontres internationales consacrées à la protection sociale. En mars 1933, le Hauptverband, l'union des caisses d'assurance-maladie allemandes, est dissous et remplacé par une nouvelle union sous le contrôle des nazis, qui se retire de la Conférence sur l'assurance-maladie (CIMAS). La suppression de l'importante délégation allemande affecte la dynamique de la CIMAS, qui réaffirme son attachement au principe de l'autonomie de gestion des institutions d'assurance. En 1935, l'Allemagne et l'Italie fasciste tentent en vain d'établir une organisation concurrente à la CIMAS.
Tandis que les tensions internationales s'exacerbent, le BIT s'attache à montrer que le développement des assurances sociales obligatoires est une préoccupation partagée par tous les régimes politiques, qu'ils soient démocratiques ou totalitaires, et tous les régimes économiques, qu'ils soient libéraux ou collectivistes comme en URSS : "Par un contraste saisissant, l'époque actuelle, remplie d'insécurité politique, est assoiffée de sécurité sociale. "
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