| L'ASSURANCE-MALADIE AU COEUR DES ASSURANCES SOCIALES |
Alors que les questions de protection sociale directement liées au travail ont occupé la plupart des rencontres internationales, la Conférence internationale du travail, qui se tient en 1927 à Genève, se consacre au fonctionnement de l'assurance-maladie.
Cette question apparaît suffisamment importante et complexe pour qu'une organisation lui soit exclusivement dédiée : fondée à Bruxelles en 1927 avec l'appui du BIT, la Conférence internationale des fédérations de sociétés de secours mutuels et des caisses d'assurances-maladie est à ses débuts plus européenne qu'internationale. Connue sous le sigle CIMAS à partir de 1936, elle reçoit l'adhésion des principales fédérations mutualistes nationales, qui vont y jouer un rôle primordial en raison de leur expérience de la prise en charge du risque maladie.
L'activité de la CIMAS se définit autour de quatre axes principaux :
- Le maintien de la main-d'oeuvre en bonne santé est un facteur favorable de la production.
- L'assurance obligatoire doit être instituée en priorité, puis complétée par une prévoyance libre de type mutualiste.
- La gestion de l'assurance obligatoire doit être confiée à des institutions autonomes, dans l'intérêt exclusif des assurés et de la nation, sous le contrôle des pouvoirs publics.
- Les institutions d'assurance sociale doivent être administrées par des instances élues par les assurés et les employeurs contributeurs.
Au total, neutralité et sens de l'intérêt général sont les valeurs cardinales affichées par la CIMAS, qui rejette l'idée d'une intervention du secteur commercial dans l'organisation de l'assurance-maladie.
Par rapport aux associations internationales antérieures à la Première guerre mondiale, la CIMAS se caractérise par le professionnalisme de ses membres et le caractère technique de ses débats. Les conférences insistent sur la nécessité de rationaliser les systèmes d'assurance maladie pour un meilleur rendement. Parmi les mesures préconisées, figurent la réduction du nombre des caisses, la modernisation de l'outillage sanitaire et du contrôle du service médical, le développement de la prévention et de l'hygiène.
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