Femmes et société



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La place des femmes au XXIème siècle

« Dans la République, on ne peut pas tolérer que l’égalité entre l’homme et la femme ne soit pas respectée »

Ainsi, s’exprimait Bernard Stasi, médiateur de la République en 2004

La place des femmes dans la vie politique

Le Président de la République, Jacques Chirac, tenant sa promesse électorale a institué, en 1995, l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes.

Le 28 janvier 2003, lors de la séance d’installation des nouveaux membres de cet observatoire, la rapporteuse générale, Madame Zimmermann, précisait dans son discours « nous sommes toujours la lanterne rouge des pays industrialisés avec seulement 5,7 % de femmes parlementaires » et ajoutait « aujourd’hui l’Assemblée Nationale est composée par seulement 12,3 % de femmes alors que le Bundestag (Assemblée Nationale allemande) en comprend plus d’un tiers ».

Aujourd'hui, 8 mars 2008, la place des femmes en politique suit une courbe très cahotique selon les mandats. En voici le paysage.

La part des femmes élues au Parlement européen en 2004 (25 états membres) représente 30,3 % des parlementaires (contre 30,7 % en 1999 lorsque l'UE était composée de 15 états membres)

En France les femmes représentent environ 53 % de l'électorat.
Aux dernières élections législatives de 2006, 107 femmes accèdent aux sièges de députées, sur 577 élus, soit 18,5 %. En 2002, le ratio était égal à 12,3 % . Les sénatrices progressent aussi légèrement : 16,9 % d'élues contre 10,9 % en 2001.

Aux élections locales, lorsque la règle de la parité ne s'applique plus, le contraste est significatif :sur l’ensemble des maires de France, seulement 10,9 % sont des femmes (173 femmes) tandis que les femmes conseillères municipales représentent 33 % des élus (résultats des élections municipales 2001).
Dans les conseils généraux, elles restent encore quantité négligeable puisqu'elles ne sont que 10,4 % des élus en 2004 contre 9,8 % en 2001. En revanche, les conseillères régionales représentent 47,6 % des élus en 2004 contre seulement 27,5 % en 1998.


Les femmes et l’emploi

Dans l’Union Européenne 77 % des salariés avec basse rémunération sont des femmes. Une plus forte proportion de femmes que d’hommes sans emploi vivent seules, avec ou sans enfants. Elles sont aussi les plus nombreuses à occuper involontairement un emploi temporaire ou à temps partiel. Dans l'UE à 25 en 2006, 32,9 % des femmes et 7,7 % des hommes occupent un emploi à temps partiel.

En France métropolitaine, en 2007, les femmes représentent 51,4 % de la population totale.

En 2005, 46,7 % d’entre elles ont un emploi tandis que 74,5 % des hommes sont salariés ou travailleurs indépendants.10,9 % des salariées sont touchées par le chômage contre 9 % des hommes. Cet écart a tendance à diminuer depuis 2001 (-2 points) ainsi que l'écart entre les taux de chômage hommes/femmes (-1,9 point).
Mais les écarts de salaire entre les hommes et les femmes perdurent. Dans le secteur privé et semi-public, on constate toujours une différence moyenne à la baisse de 19,3 % ; dans la fonction publique, où les femmes sont largement majoritaires (58% des effectifs des trois fonctions publiques contre 42 % des effectifs salariés du secteur privé), cette différence est moins importante (- 13,8 % du salaire des hommes). En conséquence, selon une étude DREES(*) 2004, les écarts de retraite entre les hommes et les femmes sont évidents. Pour un même groupe d'âge - 60-64 ans - le montant mensuel moyen brut de la retraite d'une femme à carrière complète sera de 1 191 euros, pour un homme il atteindra 1 672 euros.


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Les femmes dans le monde économique

La loi du 9 mai 2001 sur l'égalité professionnelle prévoit des dispositions pour garantir dans les postes de décision des instances qui concourent au fonctionnement de la vie économique de la société, et dans les élections prud'hommales et professionnelles, une présentation des femmes proportionnelle à leur part dans la population active.

Même si la part des femmes dans la catégorie des cadres et professions intellectuelles supérieures a connu un fort accroissement, les femmes n'occupent, en 2004, qu'un quart des postes d'encadrement des entreprises du secteur privé alors qu'elles représentent près de la moitié de la population active (46 %). Seulement 12 % d'entre elles sont chefs d'entreprise.

Non seulement les femmes sont rarement à la tête de sociétés mais, de surcroît, lorsqu'elles y accèdent, leur salaire est, en moyenne, inférieur d'un tiers à celui de leurs homologues masculins. Les dirigeantes de l'industrie gagnent 28 % de moins que les dirigeants (39 000 euros nets annuels contre 55 000). Les écarts de salaire les plus importants se rencontrent dans le secteur des services où le salaire moyen des femmes dirigeantes est inférieur en moyenne de 39 % à celui des hommes.


Répartition du travail rémunéré et du travail domestique

En Europe, le temps de travail domestique des femmes est, en moyenne, supérieur à leur temps de travail rémunéré ou d’études, à l’inverse des hommes qui consacrent davantage de temps de travail rémunéré ou aux études qu’au travail domestique.

ET… Les hommes disposent globalement de plus de temps libre que les femmes, les écarts pouvant atteindre près d’une heure par jour !

Le temps de travail total, c’est-à-dire le temps dédié au travail rémunéré et aux tâches domestiques pour les hommes et les femmes d’Europe, est plus élevé en cas de présence d’enfants dans le ménage. Globalement, le temps de travail quotidien des femmes reste supérieur d’environ 1 heure à celui des hommes.

En France, l'articulation entre la vie familiale et la vie professionnelle reste contraignante : le nombre et surtout l'âge des enfants sont des éléments que les femmes intègrent dans leur choix de garder ou non une activité professionnelle car peu de progrès ont été réalisés dans le partage des tâches ménagères et d'éducation des enfants. Les femmes consacrent toujours deux fois plus de temps qu'eux aux tâches domestiques (3h48 en moyenne par jour contre 1h59). Et, malgré une durée de travail en moyenne moindre que celle des hommes, les femmes ont chaque jour, en semaine, une demi-heure de temps libre en moins, et quatre heures de moins au total chaque week-end.

A méditer :

«Une nation aspirant à l'égalité parmi les nations ne peut se permettre de refuser l'égalité aux femmes» Théodore Herzl (premier congrès sioniste - 1887)





Pour en savoir plus : ministère délégué à la cohésion sociale et à la parité


(*) Direction de la Recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques



Mise à jour 2008

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