Toutefois, ce chiffre excessif doit être ramené autour de 3 à 3,5 millions de personnes, en raison du phénomène de l’adhésion à plusieurs sociétés. Le rapport entre mutualistes et syndicalistes est alors de 1 à 10 ; cette proportion reste valable aujourd’hui, même si ce rapport a considérablement varié selon les époques. La Mutualité recrute peu à la campagne, elle est avant tout un mouvement urbain. Sur ce plan, elle n’est pas vraiment représentative de la France de la Belle Époque, majoritairement rurale. Pourtant, en dépit de cet essor important, le taux général de mutualisation ne dépasse guère 15 % de la population du pays.
Durant la Première Guerre mondiale, les pertes mutualistes sont de 600 000 à 800 000 personnes. Vers 1926, la Mutualité, qui a retrouvé son niveau d’avant-guerre, recrute très largement, dans la perspective des Assurances sociales : forte de 8 millions d’adhérents en 1930, elle gagne 1 million supplémentaire en 1939, d’abord au sein du monde du travail. Ici, la Mutualité accompagne la salarisation de la société. La progression se poursuit durant la Seconde Guerre, notamment dans le cadre de la mutualité d’entreprise et de la mutualité de fonctionnaires : à la Libération, les mutualistes sont environ 12 millions. En 1986, près de 29 millions de personnes sont adhérentes à une mutuelle, et il y aujourd’hui en France 30 millions de mutualistes, soit un Français sur deux.
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