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Associations à buts économiques
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Si les associations à but non économique voient, pour la plupart d’entre elles, le jour dans le cadre de la loi de 1901, d’autres formes associatives ou d’organisations qui existent parfois depuis beaucoup plus longtemps, peuvent aussi exercer des activités économiques. Les sociétés de secours mutuels ne se rattachent guère à cette catégorie car même si elles brassent des masses financières de plus en plus considérables, elles n’ont pas de finalité économique. |
Tout autre est la situation des coopératives de production qui, dès le début du XIX siècle, constituent une des composantes du monde de la coopération. En 1834, Philippe Buchez met sur pied la première coopérative de production, la Société des Bijoutiers en doré. Dans les mêmes années, des expériences telles que le Commerce véridique et social voient le jour, notamment à Paris et à Lyon. La coopération de production semble prendre un essor prometteur en février 1848 aux débuts de la Seconde République mais se heurte rapidement à la répression exercée en juin 1848 contre les ouvriers parisiens. Après une décennie de repli, ce type d’association à but économique prend un nouveau départ : en 1869, il existe dans toute la France 107 coopératives ouvrières de production dont 37 à Paris. |
Ces associations à caractère économique peuvent prendre d’autres formes, en particulier celle de la coopération de crédit : à la fin du Second Empire, il existe une soixantaine de caisses de crédit mutuel dans tout l’Hexagone. Sous la IIIe République, les associations ouvrières, ou coopératives ouvrières de production, se multiplient et à la veille de la Grande Guerre elles sont plus de 200 dans toute la France ; à cette date, ce seraient environ 4 % des travailleurs de l’industrie qui travailleraient dans une association ouvrière de production. Une telle progression a été favorisée par la constitution, en 1884, de la Chambre ouvrière des associations de production ainsi que par certaines commandes que lui ont passées depuis cette date les Pouvoirs publics, en particulier dans le domaine du bâtiment. |
Cette évolution se poursuit dans l’entre-deux guerres et plus encore à partir des années 1950-1960 qui voient la coopération de production se développer dans les activités les plus variées : artisanat, commerce, taxis, pêche, sans oublier la coopération paysanne qui a pris son envol depuis la fin du XIX siècle. |
SOURCE : Patricia Toucas, Les coopérateurs, sous la direction de Michel Dreyfus, Paris, Editions de l’Atelier, 2005. |
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exposition 2006
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